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    Le dimanche 18 mai 1997

Luc Grand’Maison : La vie entre un accord majeur et un accord mineur 

Luc Grand’Maison a un visage basané d’un marin qui a voyagé sur toutes les mers de la vie.

 Ses aventures, il les raconte dans les 500 chansons qu’il a composées.

 

«J’écris pour ma propre thérapie personnelle», fait-il d’ailleurs remarquer avec un sourire.
Cet hyperémotif, comme il se décrit lui-même, joue de la guitare et du piano depuis de longues années. Natif de Ville Lemoyne, il a travaillé longtemps à titre de chef cuisinier dans les Laurentides, tout en poursuivant une carrière d’interprète dans les bars de cette région.

La piqûre de la composition, il l’a eue du temps où il travaillait à Saint-Sauveur. À cette époque, cette municipalité prend un virage résolument commercial. Un groupe de commerçants se lève pour s’opposer à la venue d’un restaurant McDonald’s. Pour la circonstance, Luc parodie l’une des chansons de Félix Leclerc dans laquelle il dit : « Est-ce qu’on va se laisser faire ça, à nous? ».  Cette expérience en composition le séduit. C’était la première de ses 500 chansons.  

Il l’avoue lui-même : sa voix ne se démarque pas spécialement, ni sa musique d’ailleurs. Sa force, c’est l’écriture. « J’aime les chansons à texte. Elles me permettent de toucher l’humain », explique-t-il.  

 



 À cet égard, Bob Dylan figure parmi ses sources d’inspiration. Il aime beaucoup sa philosophie. D’ailleurs, il a composé une chanson en son honneur : « Bobby s’en câlisse…» 

Luc Grand’Maison tire son inspiration de la vie. Que ce soit à travers les yeux innocents d’un enfant ou à travers le prisme déformant de la douleur.  Ses chansons, il les aime comme si c’était ses petits bébés. Dans son cas, ça lui fait une famille nombreuse.  

Plusieurs interprètes de la région lui font l’honneur de chanter ses œuvres. Léonard Constant, qui va prochainement faire la finale du concours MA PREMIÈRE PLACE DES ARTS,  a traduit l’une d’elles en espagnol. Sarah Vafai a intégré « Libre comme l’air » à son spectacle. En fait, ils sont plus d’une dizaine en région à chanter du Luc Grand’Maison. C’est le plus beau cadeau qu’on peut lui faire.  

Luc Grand’Maison n’a pas toujours osé placer la musique à l’avant-plan de ses priorités. Il a fallu l’insistence de ses proches, les «Envoye, fais-le, fais-le!», pour qu’enfin il se décide à participer au concours TOUT NOUVEAU,  TOUT CHAUD, en 1994.


 


    Lui qui espérait tout au plus une demi-finale, se voit propulsé en finale. Une belle surprise! Mais les lendemains ne sont pas aussi roses qu’on pourrait le croire. « On n'avertit pas les lauréats qu’ils auront à se battre encore bien longtemps après. Qu’ils n’auront pas tout cru dans la bouche » , fait-il remarquer.


   Il a composé une chanson à cet égard, intitulée « Frères dans les tranchées »
. Elle fait référence à tous ceux contre qui il s’est mesuré durant le concours. La morale : après la guerre, on se retrouve tous à ramer dans la même galère. Éh oui! Vivre de sa musique, ce n’est pas facile...




Luc a trouvé un compromis qui lui convient. Fin février,  il a accepté un poste subalterne au Bistro Cartier, même s’il a toujours occupé dans le passé des postes de chef cuisinier.  En compensation, il monte sur la scène tous les jeudis soirs. Ce choix, il l’a fait en fonction de la musique. Dans son cas, son choix est d'opter pour le bonheur.

Son agente, Nathalie Bernard, qui voit à son succès, est aussi son ange gardien, tient-il à souligner. Cet été, il compte se produire devant un public à Saint-André-Avellin, puis en Gaspésie. Il prévoit un retour au Bistro Cartier dès l’automne et présentera quelques spectacles à l’auberge Symmes. Il oeuvre à produire son premier disque d'ici 1998.

Son crédo : « Nous sommes la musique d’un piano infini... »,  est également le titre de l’une de ses chansons. Il nous dit que : « Chacun trouve sa place sur la gamme de la vie, comme accord majeur ou comme accord mineur et même parfois on devient accord bizarre.. ».

« Et moi,  je me retrouve souvent entre l’accord majeur et l’accord mineur... », conclut-il.

 

Bravo Luc Grand'Maison !

 

 

 ©Luc Grand'Maison 2005, tous droits réservés.

 ©Productions Châto9-2006