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«J’écris pour ma propre thérapie personnelle»,
fait-il d’ailleurs remarquer avec un sourire. Cet
hyperémotif, comme il se décrit lui-même, joue de la
guitare et du piano depuis de longues années. Natif de
Ville Lemoyne, il a travaillé longtemps à titre de
chef cuisinier dans les Laurentides, tout en poursuivant
une carrière d’interprète dans les bars de cette
région.
La
piqûre de la composition, il l’a eue du temps où il
travaillait à Saint-Sauveur. À cette époque, cette
municipalité prend un virage résolument commercial. Un
groupe de commerçants se lève pour s’opposer à la
venue d’un restaurant McDonald’s. Pour la
circonstance, Luc parodie l’une des chansons de Félix
Leclerc dans laquelle il dit : « Est-ce qu’on va
se laisser faire ça, à nous? ». Cette
expérience en composition le séduit. C’était la
première de ses 500 chansons.
Il
l’avoue lui-même : sa voix ne se démarque pas
spécialement, ni sa musique d’ailleurs. Sa force, c’est
l’écriture.
« J’aime les
chansons à texte. Elles me permettent de toucher l’humain
», explique-t-il.
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À cet égard, Bob Dylan figure parmi ses sources
d’inspiration. Il aime beaucoup sa philosophie. D’ailleurs,
il a composé une chanson en son honneur : « Bobby
s’en câlisse…»
Luc Grand’Maison tire son inspiration de la
vie. Que ce soit à travers les yeux innocents d’un
enfant ou à travers le prisme déformant de la douleur.
Ses chansons, il les aime comme si c’était ses petits
bébés. Dans son cas, ça lui fait une famille
nombreuse.
Plusieurs interprètes de la région lui font l’honneur
de chanter ses œuvres. Léonard Constant, qui va
prochainement faire la finale du concours MA
PREMIÈRE PLACE DES ARTS, a traduit l’une d’elles
en espagnol. Sarah Vafai a intégré « Libre comme l’air
» à son spectacle. En fait, ils sont plus d’une
dizaine en région à chanter du Luc Grand’Maison. C’est
le plus beau cadeau qu’on peut lui faire.
Luc
Grand’Maison n’a pas toujours osé placer la musique
à l’avant-plan de ses priorités. Il a fallu l’insistence
de ses proches, les «Envoye, fais-le, fais-le!», pour
qu’enfin il se décide à participer au concours TOUT
NOUVEAU, TOUT CHAUD, en 1994.
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Lui qui espérait tout au plus une
demi-finale, se voit propulsé en finale. Une belle
surprise! Mais les lendemains ne sont pas aussi roses qu’on
pourrait le croire. « On n'avertit pas les lauréats qu’ils
auront à se battre encore bien longtemps après. Qu’ils
n’auront pas tout cru dans la bouche »
, fait-il remarquer.
Il a composé une
chanson à cet égard, intitulée « Frères dans les
tranchées » . Elle
fait référence à tous ceux contre qui il s’est
mesuré durant le concours. La morale : après la
guerre, on se retrouve tous à ramer dans la même
galère. Éh oui! Vivre de sa musique, ce n’est pas
facile...
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Luc
a trouvé un compromis qui lui convient. Fin
février, il a accepté un poste subalterne au
Bistro Cartier, même s’il a toujours occupé dans le
passé des postes de chef cuisinier.
En compensation,
il monte sur la scène tous les jeudis soirs. Ce choix,
il l’a fait en fonction de la musique. Dans son cas,
son choix est d'opter pour le bonheur.
Son
agente, Nathalie Bernard, qui voit à son succès, est
aussi son ange gardien, tient-il à souligner. Cet
été, il compte se produire devant un public à
Saint-André-Avellin, puis en Gaspésie. Il prévoit un
retour au Bistro Cartier dès l’automne et présentera
quelques spectacles à l’auberge Symmes. Il oeuvre à
produire son premier disque d'ici 1998.
Son
crédo : « Nous sommes la musique d’un piano
infini... », est également le titre de l’une
de ses chansons. Il nous dit que : « Chacun trouve sa
place sur la gamme de la vie, comme accord majeur ou
comme accord mineur et même parfois on devient accord
bizarre.. ».
«
Et moi, je me retrouve souvent entre l’accord
majeur et l’accord mineur... », conclut-il.
Bravo
Luc Grand'Maison !
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